Le tourisme de masse et son empreinte écologique

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Le tourisme de masse et son empreinte écologique

Depuis que je suis revenue de mon road-trip à travers le Canada et les USA, cet article me trotte dans la tête sans vraiment vouloir prendre forme. Je n’arrête pas de me demander comment je vais faire pour vous expliquer mon sentiment face à ce tourisme de masse, d’autant plus que je ne suis pas la plus douée en terme d’écriture. Et par dessus tout, je ne voudrais vraiment pas que mon article ressemble à un énième débat entre les termes « touristes » et « voyageurs » qui ne cessent de faire polémique au sein des communautés de voyage…

Alors que mon article est quasiment prêt, je viens de découvrir que depuis le début de la semaine, tous les journaux en ligne ne cessent de parler du lien entre l’augmentation du tourisme mondial et le réchauffement climatique. Il semblerait que d’après les dernières études, le tourisme soit responsable de 8% du total des émissions de gaz à effets de serre prenant en compte différents critères comme l’hébergement, le transport, l’alimentation et les achats des voyageurs…

Je pense qu’en tant que voyageur, on finit tous par s’interroger sur sa façon de voyager, et plus spécialement sur comment continuer à le faire sans avoir un impact autant négatif sur l’environnement. J’ai moi-même vu mon comportement évolué à travers les années et j’imagine que c’est le cas pour la plupart d’entre vous. Plus les années passent, plus j’enchaîne les voyages, plus je commence à prendre conscience que voyager ne se résume pas à simplement s’amuser, oublier tout principe au point de faire tout et n’importe quoi. Ou même d’accepter des activités dans le but de ramener « LA » photo souvenir qui va charmer tout le monde à son retour. En y repensant qui n’a pas dans son entourage au moins une personne qui est revenue de Thaïlande avec une photo où elle était assise à côté d’un tigre? Ce n’est bien-sûr qu’un exemple parmi tant d’autres. J’ai justement écrit l’an passé un article qui traitait des touristes et de la maltraitance sur les animaux.

Ce sentiment de malaise et d’être mal à l’aise a grandi lorsque je me suis retrouvée au milieu de hordes de touristes dans les magnifiques parcs nationaux des USA et du Canada. Déjà pour remettre les choses dans son contexte, il faut savoir que je ne voyage que rarement pendant la haute saison touristique et encore moins pendant le mois d’août. Comme tous les voyageurs sans enfants, je préfère évidemment prendre des congés en dehors des vacances scolaires. Cependant cette fois-ci, je n’ai pas eu d’autre choix que de partir au mois d’août. C’est donc mi-août que je suis arrivée tout guillerette au parc national de Banff qui se trouve dans l’Ouest Canadien. Les parcs nationaux étant gratuits exceptionnellement cette année au Canada, j’imagine que cela a considérablement dopé le nombre d’entrées et de visites du parc.

Dès mon entrée dans ce petit village, j’ai de suite été confrontée à ce sentiment de surpopulation. Bien que le parc soit immense, peu importe où j’allais, même dans les coins plus reculés, je ne me suis jamais retrouvée seule. Moi qui imaginais pouvoir profiter de la nature tranquillement, je me rends compte que j’ai été bien naïve. Et je ne vous parle même pas des lieux les plus connus comme le Lake Louise: j’ai fait en sorte d’arriver tôt le matin aux alentours de sept heures et demi et pourtant quelques touristes étaient déjà bien présents. Je vous l’accorde: ce n’était rien comparé à quand je suis repartie vers les coups de neuf heures. C’est comme si d’un coup cet endroit avait perdu tout son charme et qu’il fallait que je parte au plus vite.

 

tourisme masse lake louise

Afflux de touristes devant le Lake Louise

 

Et cela n’a été que le début de ma désillusion. Partout où je me rendais, je croisais des centaines et centaines de touristes principalement de nationalité chinoise ou indienne qui sortaient de leurs bus, prenaient des photos et repartaient. Je ne m’attarderais même pas sur leur comportement sans gêne: entre ceux qui vous poussent, ceux qui s’incrustent devant vous même si seulement 50 centimètres vous sépare du muret, ou même ceux qui s’insultent sans raison. Moi qui ait toujours trouvé que les français et européens se comportaient mal, je les ai finalement trouvé plutôt respectueux comparés à d’autres nationalités.

J’ai fini par vite saturer de tout ce monde et pourtant ce n’était que le début de mon périple. Début septembre, en Californie, j’ai été vite confrontée au même problème dans le Séquoia National Park. Je me suis demandée pourquoi les gens venaient dans ces parcs alors que clairement ils s’en foutaient de préserver la nature. Je ne compte plus le nombre de personnes qui ont sautées les barrières pour se prendre en photo contre le General Sherman! Ben voyons, ce n’est pas grave si c’est interdit! Pourquoi vouloir préserver les racines de cet arbre vieux de 2200 ans? Sans compter tous ceux qui laissent leur déchets par terre. Je me suis sentie soulagée quand finalement mi-septembre au Grand canyon, j’ai commencé à enfin voir un peu de changement. Mais même Yellowstone sous la neige n’a pas arrêté les touristes. Il a fallu que j’arrive dans des états plus reculés et plus perdus des Etats-Unis pour enfin me sentir mieux.

 

irrespect touriste

Touristes qui se prennent en photo contre le tronc malgré l’interdiction d’approcher…

 

Et si aujourd’hui je vous raconte toutes ces histoires, c’est parce qu’en me retrouvant au milieu de tous ces touristes, j’ai eu honte. Honte d’être là, honte d’accentuer ce tourisme de masse qui détruit notre planète à petit feu. Et même si j’essaye de faire attention le plus possible à l’environnement, même si je jette tous mes déchets dans la poubelle, je reste moi-même une simple touriste. Je réalise que je ne suis pas mieux que tous ces gens et qu’en continuant à voyager dans des endroits comme ceux que j’ai cités, je risque de les abîmer à mon tour. Alors oui, évidemment que j’ai envie de connaître tous ces lieux magiques et oui, j’aimerais encore continuer à profiter de tous ces endroits qui me font rêver depuis toute petite. Mais je me sens perdue car je ne sais plus vraiment comment allier cette envie insatiable de voyager et cette angoisse de n’être qu’un pion de plus dans la détérioration d’endroits si naturels et si beaux.

Je sais bien qu’il est difficile de faire changer les mentalités et le tourisme de masse existe déjà depuis un bon moment.. Si vous connaissez Martin Parr, photographe documentaire Britannique, vous avez déjà du voir ses photographies qui sont une critique du tourisme de masse dans les années 80, début des années 90. Cette série de cliché est répertorié dans son livre Small World. Vous serez amusé de voir que finalement rien a changé depuis trente ans.

 

Martin Parr tourisme de masse

Photo de Martin Parr devant l’Acropole à Athènes

 

Ce phénomène n’est donc pas nouveau: il est certain qu’en France l’arrivée des congés payés en 1936 ont permis à la population d’enfin avoir la possibilité de voyager (et tant mieux pour nous!) ce qui n’était pas vraiment possible avant cette avancée sociale. Puis la démocratisation de l’avion a définitivement changé les mœurs avec l’arrivée des compagnies Low-cost. Sans compter que la population des pays en voie de développement (comme les chinois dont les classes émergentes sont de plus en plus nombreuses à voyager) découvre à leur tour la joie de pouvoir parcourir le monde. Le tourisme de masse n’en est qu’à ses débuts…

Je me suis dit qu’il était temps de chercher des moyens pour améliorer notre empreinte carbone sans perdre ce plaisir de voyager. C’est pourquoi ci-dessous, je vous raconte les décisions que j’ai prises concernant mes prochains voyages.

Quelques idées pour des voyages plus éco-responsables:

J’ai commencé à réfléchir à tout cela en rentrant de ce long voyage, il y a déjà presque six mois et en discutant avec d’autres voyageurs sur Twitter, j’ai mis en place quelques résolutions qui pourront améliorer notre comportement et notre impact sur l’environnement. 

Prendre moins souvent l’avion et rester plus longtemps sur place: ce n’est un secret pour personne mais l’avion est le moyen de transport le plus polluant. Alors je préfère faire moins de voyages mais rester plus longtemps sur place. (Bon, j’avoue ça m’arrange un peu comme j’ai peur de l’avion…;)) Il faudrait pour cela pouvoir adopter le « slow travel »: c’est-à-dire voyager plus lentement et prendre le temps d’apprécier ce que vous voyons, ce que nous mangeons et surtout être beaucoup moins consuméristes.

Eviter d’aller dans des endroits seulement pour aller voir les animaux: en fait, plus, nous les touristes, on demande à voir des animaux, plus on incite les locaux à utiliser les animaux à de mauvaises fins. Et même si chez certaines personnes cela part d’un bon sentiment (comme aller dans un refuge pour animaux et s’en occuper), les locaux profitent de cette gentillesse et de ce désir pour créer des refuges qui ne devraient même pas exister. Si on voit les animaux dans leur milieu naturel tant mieux, si on n’en voit pas tant pis. Il ne faut pas payer pour aller les voir et ne plus montrer autant d’intérêt particulier envers certaines espèces.

Consommer local: évidemment, il faut faire attention car certains locaux ne sont pas toujours très honnêtes non plus, mais c’est toujours bien de donner son argent directement aux habitants plutôt qu’aux grandes industries.

Eviter au maximum les all-inclusives: Comme beaucoup de personnes, je suis déjà allée dans des hôtels all-inclusifs. Je ne suis pas vraiment fan du système et surtout de voir cette nourriture à profusion me répugne au plus haut point. Je trouve que c’est du gâchis, et surtout quand on sait que ces grosses usines ne sont pas toujours les plus éco-responsables. Certains pays comme les Maldives ou la République Dominicaine sont devenus des vrais poubelles géantes à cause de ces établissements hôteliers.

Faire attention aux déchets et limiter les plastiques et bouteilles d’eau: en ce qui me concerne, mon plus gros soucis reste les bouteilles d’eau. Je reconnais que j’ai du mal à m’en passer à cause des risques d’eau contaminée et de ma peur d’attraper des maladies. Mais il va falloir que je fasse un effort de ce côté-ci. Je n’arrive pas encore à franchir le cap de prendre une gourde et pourtant je sais qu’il en existe des très bonnes comme Steripen ou Lifestraw. Sinon je suis toujours horrifiée de voir des images de plages après le passage des touristes, sans parler des personnes qui trouvent ça tout à fait normal de laisser leurs mégots de cigarette dans le sable.

 

Plage en Indonésie

Plage en Indonésie

 

Respecter les consignes: quand on arrive dans les parcs, on trouve souvent à l’entrée des panneaux qui nous rappellent les consignes à suivre comme: ne pas nourrir les animaux, ne pas jeter les ordures par la fenêtre de la voiture… Cependant, les touristes n’aiment pas qu’on leur interdise quoi que ce soit et je les vois souvent transgresser les règles ( enfin on est d’accord que ce comportement n’est pas seulement propre aux touristes).

Hôtels et le service de chambre: quand vous prenez une chambre d’hôtel, on se dit que c’est magnifique de ne pas avoir à faire le ménage puisque tous les jours une personne vient s’en occuper. Mais changer de serviettes ou de draps chaque jour n’est pas très green. Quand je reste deux-trois jours dans la même chambre, je demande souvent à ce que le ménage ne soit pas fait.

– Eviter les croisières: Les gros paquebots produisent énormément de déchets et d’eaux usées et ont accéléré la montée des eaux dans des villes comme Venise (même si désormais ils seront interdits du passage du Canal de Giudecca).

Cette liste d’idées n’est pas exhaustive et je pense qu’il faudra certainement trouver une nouvelle façon de voyager dans les prochaines années…

Malheureusement encore trop de personnes sont peu eco-friendly et préfèrent privilégier leur confort au détriment de notre planète. Mais j’espère que petit à petit, les mentalités vont changer pour le bien de notre terre.

 

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tourisme de masse

Myriam

Myriam

Passionnée de Photographie depuis ma tendre enfance, et après une licence en arts de la scène, spécialisée en photographie, je suis partie un an aux états unis. Depuis je ne rêve que de voyages, que de partir à l'autre bout du monde. Alors dès que possible, je prends mon appareil photo, mon billet d'avion, et je m'en vais là où mes coups de cœur m’emmèneront.

7 Comments

  • Julie / hors du temps

    C’est toujours super intéressant de lire un article à propos de l’écologie et des voyages 🙂 Et puis, j’aime beaucoup le fait que tu soies aller au delà du diagnostic et que tu proposes des solutions 😉
    Bref, je me sens moins seule dans cette recherche d’une harmonie entre écologie et voyage, et essayer d’être un peu sobre !
    Si ça t’intéresse, j’ai écrit un article à ce sujet il y a quelques mois (mais c’est toujours d’actualité!) : https://www.horsdutemps.fr/reflexion-ecologie-voyage/

    9 mai 2018 at 20 h 03 min
  • letourbillondumonde

    Un des meilleurs articles que j’aie pu lire honnêtement! Le tourisme de masse n’est pas un sujet qu’on aborde assez souvent et j’ai trouvé ça chouette que tu proposes des solutions alors merci pour cet article! 😉

    14 mai 2018 at 17 h 13 min
    • Myriam
      Myriam

      Merci c’est gentil d’avoir pris le temps de poster ce commentaire 🙂

      19 mai 2018 at 23 h 36 min
  • Arnaud

    Oui, amer constat… La démocratisation du tourisme a des effets pervers sur l’environnement. Je n’avais pas vu les touristes se coller au General Sherman lors de ma visite du Sequoia. Peut-être qu’il y avait des rangers non loin ! A bientôt !

    15 mai 2018 at 14 h 54 min
    • Myriam
      Myriam

      Ah tu sais, pour le Sequoia, il suffit d’une personne qui le fait et tout le monde suit … En ce qui concerne notre petite planète, faisons de notre mieux pour essayer de la préserver à notre échelle 🙂

      19 mai 2018 at 23 h 38 min
  • Manon

    MERCI pour cet article! Tu as si bien résumé ma pensée! Je partage! J’étais au Québec en octobre dernier et malgré le voyage en hors saison j’ai été effarée devant la multitude de bus de touristes et notamment de ceux qui ne respectent pas les consignes dans les parcs nationaux (donner à manger aux animaux, ça va pas la tête?!). Je repars au Canada en août justement je vais du côté de Banff notamment (pas le choix, je suis obligée de prendre mes congés ce mois ci cette année…) donc je prends note que ce n’est pas forcément le calme qu’on trouvera là bas… d’ailleurs si tu as des conseils j’en prends note!
    Par rapport aux résolutions, je les respecte à peu près toutes, consommer local n’étant pas toujours aisé et pareil pour les bouteilles en plastique même si j’ai généralement ma bouteille d’eau. Après, je choisis, surtout pour des raisons financières, uniquement des chambres en airbnb ou couchsurfing moyen que je trouve bien plus convivial de toute façon… Ou alors camping. Comme toi, je ne sais pas trop quoi faire entre protéger la planète et continuer à vivre une de mes passions qu’est le voyage…

    17 mai 2018 at 20 h 01 min
    • Myriam
      Myriam

      Merci beaucoup pour ton commentaire Manon 🙂 Si tu veux être tranquille, il faut surtout se lever de très bonne heure le matin pour éviter la cohue et faire des randonnées qui sortent un peu du sentier. Dès qu’il faut marcher un peu, on perd déjà la moitié des touristes 😉 (si tu veux j’ai quelques articles sur l’ouest canadien et les rocheuses..)!
      En tout cas c’est super que tu appliques déjà toutes ces résolutions, je suis contente de voir que de plus en plus de personnes s’intéressent à ce problème !
      Je ne pense pas qu’il faut qu’on arrêter de voyager, simplement voyager différemment 🙂

      19 mai 2018 at 23 h 30 min
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